Les carottes sont presque cuites

Hier, 31 mai 2012, le premier ministre Charest arborait l’attitude de quelqu’un qui avait gagné son pari. Et il avait raison. Comme un boxeur, il a travaillé les étudiants au corps avant de les amener dans le coin du ring pour le coup final. Je ne m’en réjouis pas car ce n’est pas un aboutissement qui fait honneur au Québec. À cet égard, il n’y a que des perdants. Il demeure néanmoins que c’est maintenant M. Charest qui contrôle le terrain des enjeux concernant l’accès aux études au Québec. Sans être dramatique, cette situation ramène le débat à des considérations comptables.

Les étudiants quant à eux, en sont réduits au rôle de marchand de tapis voulant poursuivre des négociations avec un client de plus en plus désintéressé. Il n’ont pas su dire oui à une entente lorsque le moment était venu et, pire encore, ils n’ont été incapable de proposer des avenues de solutions crédibles réconciliant les intérêts des deux parties.

Leur pathétique contreproposition sur les crédits d’impôt et l’abolition du Régime d’épargne étude, relevait de l’improvisation et de l’amateurisme le plus complet. On ne s’aventure pas sur un terrain de négociation où l’adversaire est mille fois mieux versé que soit et peut nous démolir sans difficulté sur la place publique. Et c’est là que réside la défaite du mouvement étudiant hier, il a perdu crédibilité et adhésion auprès d’une majorité de Québécois.

Reste un espoir et il est de taille. L’enjeu de l’accès démocratique une éducation de qualité demeure le point fort de l’actuel mouvement de revendication. Accepter les gains à court terme obtenus, et ils sont considérables, refuser le forum de discussion sans envergure et sans pérennité proposé par M. Charest, exiger la mise sur pied, sous l’égide de l’Assemblée nationale, d’un forum structuré et permanent de consultation et de recherche sur les meilleures pratiques en matière d’accès démocratique à une éducation de qualité, voilà la seule façon de recadrer correctement cette lutte. Une telle avenue offrirait toutes les conditions pour déboucher sur une solution acceptable tant pour le gouvernement que les étudiants.

Autrement, les carottes sont cuites pour les étudiants ainsi que pour cette revendication d’une éducation qui, à court terme, pourrait devenir un emblème identitaire et une fierté rassembleuse pour tous les Québécois.

 

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