Les Mohawks s’entendent pour continuer le commerce du tabac (La Presse, 22 mai 2012)

Ainsi les Mohawks de Kahnawake ont démocratiquement décidé de continuer la contrebande de tabac. Ce qui est extraordinaire dans l’article mentionné en titre c’est que l’on ne parle que de commerce du tabac ou d’industrie du tabac, jamais de contrebande. C’est là un exemple type de désinformation distillée au quotidien lorsque l’on traite de sujets reliés aux Autochtones et, dans le cas présent, aux Mohawks.

Dans les faits, la contrebande de cigarettes à Kahnawake est une affaire de gros sous, de très gros sous contrôlée par des joueurs majeurs du crime organisé. La communauté et le conseil de bande de Kahnawake font parti de ces joueurs majeurs.

Plus encore, l’article de La Presse présente comme une décision démocratique, légitime, car prise selon les coutumes autochtones, l’adoption d’une loi mohawk autorisant la mise en circulation de cigarettes. Rappelons que  ces cigarettes sont produites par n’importe qui, sans contrôle public. Elles sont plus susceptibles d’être nocives que les cigarettes officielles, ce qui est peu dire.

J’ai  maintes fois demandé à des dirigeants de Kahnawake s’ils ne se sentaient pas mal à l’aise moralement face à cette situation. Chaque fois ils m’ont répondu que ce n’était pas leur problème mais celui des Québécois. Ils se désolidarisaient totalement des conséquences sur la santé publique des gens. Aujourd’hui, La Presse vient leur donner raison en présentant leur décision de poursuivre la vente de leurs cigarettes de contrebande comme une décision normale relevant exclusivement de la gouvernance mohawk. Où est la responsabilité citoyenne?

Une autre fois je vous raconterai l’histoire de l’alambic géant à Kahnawake qui a fait l’objet il y a quelques années de la seule descente conjointe Sureté du Québec/Police de Kahnawake. Et vous savez pourquoi elle a été autorisée par le Conseil de bande? C’est que même  les hauts dirigeants de la mafia considéraient que les Mohawks allaient trop loin. Avec la production d’alcool frelaté, ils risquaient de rendre des gens aveugles ou pire, de les tuer.

Si une telle chose s’était produite, toutes les activités frauduleuses et très lucratives de Kahnawake auraient été menacées par une probable enquête publique exigée par la population. Croyez-vous que La Presse, si elle avait assisté à la réunion du Conseil de bande lorsque la construction de l’alambic a été approuvée par Kahnawake, aurait titré: « Décision prise démocratiquement autorisant la vente d’alcool frelaté à Kahnawake, le conseil de bande se porte garant de la qualité du produit ».

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